Connaître et reconnaître Gadbois

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Son oeuvre m’était inconnu jusqu’à l’exposition au Musée d’Art Contemporain, révélation d’une superbe série de portraits sobres, sensibles, vrais, s’échelonnant de 1936 à 1955.

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Destins croisés, entre Charlevoix et Montréal

Les destins de Louise Gadbois (1896-1985) et de Simone Mary Bouchard (1912-1945) se sont croisés au Moulin César dans le Comté de Charlevoix durant l’été 1941.

Ce texte est la première étude consacrée spécifiquement à l’art de Simone Mary Bouchard, rangée habituellement parmi les peintres populaires de Charlevoix. L’auteur a bénéficié d’un accès à des documents inédits : lettres de Mary à Louise Gadbois, journal personnel et photographies de Louise Gadbois, archives de la famille Bouchard. Ces témoignages directs permettent une narration très vivante et datée des événements et des tableaux.

À partir des anecdotes biographiques, l’auteur contribue à éclairer la décennie de l’histoire de l’art du Québec antérieure à Refus global, celle qui correspond à l’existence de la Société d’art contemporain et comprend les années de guerre. C’est précisément Louise Gadbois qui a introduit la jeune artiste parmi les Indépendants de la Société dont elle était un membre fondateur, la faisant admettre comme membre dès novembre 1941. Elle a collectionné une trentaine de ses oeuvres, et continué à la faire reconnaître bien après sa mort, survenue dès 1945.

L’analyse de nombreux tableaux conduit à examiner les dénominations «art naïf», «art primitif», «art populaire», qui qualifient tour à tour la peinture de Simone Mary Bouchard. Au-delà des catégories, l’auteure souligne que cet art était inclus à part entière parmi l’art moderne des Indépendants, et ce faisant réserve à l’artiste de Charlevoix une place de choix parmi les femmes artistes du Québec.

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Connaître et reconnaître Louise Gadbois

Monique BRUNET-WEINMANN

Son oeuvre m’était inconnu jusqu’à l’exposition de l’an dernier au Musée d’Art Contemporain, révélation d’une superbe série de portraits sobres, sensibles, vrais, s’échelonnant de 1936 à 1955. Cette date semblait finale, et j’ai cru un moment, comme beaucoup d’autres visiteurs sans doute, vu que le catalogue n’était pas sorti, qu’elle relevait de la nécrologie. Renseignements pris, Louise Gadbois vit et peint toujours, et son nom est connu de ceux dont les souvenirs commencent avant le Refus global.

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Portrait
Petite, droite, soigneusement nattée, la parole nette, le regard direct avec douceur et autorité, une dame simplement élégante venue d’un temps où la discrétion était apprise aux jeunes filles et où l’on pouvait être une artiste authentique sans le paraître, avec ce résultat que l’oeuvre de toute une vie, souvent, n’était pas suffisant pour le faire savoir. Mais de notre temps aussi, comme son appartement moderne à force d’être ancien, tout meublé et décoré d’antiquités en pin blond collectionnées alors qu’on méprisait ces objets de cuisine, de grange et de ferme, tels ces moules à sucre de l’entrée, ou les grosses clefs noires alignées au mur. Des quantités de livres; pas d’oeuvre d’elle en exhibition. Les tableaux qu’elle a gardés sont cachés sous un rideau de cretonne, dans une pièce minuscule qui lui sert d’atelier. Il me prend un haut-lecoeur à l’idée de ceux-là qui se gratifient d’un atelier à la mesure de leurs ambitions avant que de savoir qu’en faire… Et elle s’arc-boute, alerte, pour extirper ses toiles qui s’écroulent comme des cartes à jouer, en me racontant son premier voyage en Provence, trois semaines de visite intense, de pèlerinage dans les pas des Maîtres : la propriété de Renoir, aux Collettes, l’asile de Van Gogh, à Saint-Rémy et, surtout, l’atelier des Lauves où elle n’a pas su s’empêcher de toucher comme des reliques les objets qui reviennent dans les natures mortes de Cézanne, répliquant au gardien en faction dans le petit musée: «Je crois que j’en ai le droit. J’ai vécu toute ma vie en compagnie de ces objets. Cézanne est mon maître depuis toujours».
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